Alors que j'ai le plaisir de recevoir (à intervalles réguliers, depuis
plus de vingt ans maintenant) ce genre d'Avis d'Expulsion,

Je ne puis m'empêcher de mettre en parallèle le dramatique incendie,
qui est survenu dimanche 26 août dernier à quelques kilomètres d'ici.

Incendie qui a parcouru près de mille hectares, détruit deux fermes
agricoles, mobilisé des centaines de pompiers et militaires, sans
compter les engins terrestres (venus pour beaucoup depuis des
centaines de km) comme aériens.

SOIT UN COÛT GLOBAL DE PLUSIEURS MILLIONS D'EURO.... Lorsqu'on sait
que les travaux de reforestation vont pour leur part s'étirer sur
vingt, voire trente ans.

Or, je constate que le gamin qui a reconnu être à l'origine du
sinistre.... N'en était pas à son coup d'essai, lui.

En effet, les radios nous ont annoncé qu'il aurait été précédemment
"épinglé" pour la bagatelle de.... 17 tentatives dans le courant du
mois de juillet 20112. Excusez du peu.

D'autant qu cecie s'est donc produit il y a guère plus de un mois.

Mais, nonobstant, le gentil jeune homme courait, lui, toujours
entièrement libre de ses faits et gestes. Pour preuve de ce que
j'avance, tout mineur qu'il était, il a allumé son feu dimanche de bon
matin aux environs de 2H30.

Je sais que nous vivons une époque où il ne faut plus rien critiquer.
Et "laisser les jeunes faire leurs expériences".

Ceci étant dit je note au passage que ce jeune criminel en puissance
laissé entièrement libre de ses faits et gestes était néanmoins le
fils d'une «personnalité locale», comme les commentateurs de France
Info comme de Europe 1 nous l'ont froidement lâché.

Ce qui pourrait donc certainement expliquer cela.

Et si je m'amuse ce matin à mettre en parallèle ce gentil «fait
divers» avec ma prochaine expulsion programmée en haut lieu,

c'est pour la bonne raison que je constate ceci :

Après s'être publiquement, en effet, engagés à m'installer «d'une
façon pérenne» dans le but annoncé d'exercer un «pastoralisme durable»
aux fins d'assurer «l'entretien» des zones précédemment
débroussaillées par des «moyens mécaniques coûteux» (c.f pp. 4 et 5 du
Petit St Marcais n° 17 du mois de juillet 2004),

Les mêmes élus qui, courant avril 2004, sont venus me confier que mon
implantation constituait une «réussite au plan politique»,

Ces mêmes élus n'ont alors eu de cesse, une fois l'emballement
médiatique retombé, de multiplier les incidents, les accrocs aux fins
de me voir expulser.

Et de faire fi de leur parole donnée depuis le début de l'affairr (15
décembre 2003), parole qu'ils consignèrent bel et bien dans leur
bulletin municipal, dont références ci-dessus.

Bulletin qui, je le rappelle, est on ne peut plus officiel, puisque
l'actuel maire Régis Martin était le Responsable de la Publication de
ce numéro.

Or, si je place en perspective mes quelque 23 ans d'activisme en tant
que chevrier soucieux de faire vivre mon Troupeau dans le respect des
Lois de la Nature,

force m'est de constater que mon tout premier avis d'expulsion remonte
au 18 juillet 1989.

Et que nombre d'autres se sont ensuivies, dont certaines pour le moins
«musclées», que j'ai détaillées dans l'unique «roman» qu'il m'ait été
donné de publier à ce jour. Roman que j'ai souhaité appeler «Mes
Grandes Vacances en République bananière».

Aujourd'hui donc, la préfecture des Bouches du Rhône se fait forte de
venir m'expulser «manu militari» pour reprendre ici l'expression
favorite de l'ex-chef de la Gendarmerie d'Aix Malacrida....

C'est un grand honneur, décidément, que ces aimables bourgeois me
font, en exhibant leurs muscles en face d'un berger isolé et
travailleur. Doublé d'un homme de parole.

Parce que je n'ai pas cessé un seul jour d'honorer mon contrat depuis
que je suis arrivé à St Marc Jaumegarde.

Mon dernier jour de repos remonte en effet à Pâques 1998. Et en 23 ans
d'activité, je n'ai pas pris une moyenne de deux jours de repos par
an.

Pour conclure ce présent propos, à bien y réfléchir, tous ces gens qui
parlent de moi et s'acharnent sans même avoir pris le temps pour
apprendre à me connaître...m'affligent grandement et je prie
maintenant pour le repos de leur âme.

À supposer, bien-sûr, qu'ils en aient une ...